U.S.News vient de publier un article très intéressant sur les meilleurs leader américains. Yvon Chouinard (ok, ça ne sonne pas terrible en français) en fait partie et c’est d’ailleurs pas pour rien qu’il est dans ce classement.
Jackson Hole, Wyoming – Yvon Chouinard fait ça tout le temps. « Je vais parfois pêcher pour deux ou trois semaines, quelque part où je suis complètement injoignable, » dit le fondateur de Patagonia, l’entreprise d’équipement et d’habillement outdoor. « Même si un bâtiment brûle, pourquoi m’appeler? »
Nous sommes début septembre, une tiède après-midi dans le Wyoming de l’ouest, à l’ombre de la Teton Range, et la rivière Snake coule tranquilement vers le sud, à une centaine de mètre derrière la maison de Chouinard. Avec une simple canne à pêche dans une main, Chouinard saute de rocher en rocher avec l’aisance du grimpeur qu’il était dans sa jeunesse.
Il porte une veste Patagonia noire qui pourrait être prise pour un placement produit alors que cela pourrait être de n’importe quelle autre marque, dans sa poche, une boîte de mouches. Mais Chouinard, qui a 70 ans mais fait plus jeune, se soucie peu de vendre des vestes ces temps ci. « La raison pour laquelle je suis toujours dans le business est le fait que je veux protéger ce que j’aime » dit-il. « J’avais l’habitude de dormir 250 jours par ans à même le sol. J’ai grimpé sur tous les continents. Je suis assez vieux pour avoir été témoin de la destruction. »
Il montre les pins le long de la berge de la rivière. Beaucoup sont rouge-marron, les victimes mourrantes d’une invasion de coléoptères qui balaie l’Amérique de l’ouest et qui est liée aux températures plus clémentes de l’hiver, un résultat du changement de climat. Derrière les arbres, les Tetons, qui même sur leur cîmes semblent plus secs avec seulement quelques pach de glace. « Ces montagnes devraient avoir deux fois plus de neige qu’elles n’en ont, » dit il.
Le bio ou la faillite. Chouinard, qui est né dans le Maine et a grandi dans le sud de la Californie a démarrer dans le business de l’outdoor dans les années 1950 comme forgeron autodidacte, fabricant des pitons en métal de grande qualité pour lui-même et pour ses amis, pour s’en servir d’ancrages dans ses expéditions alpines, puis il a étendu son business dans les années 1970. Mais depuis les années 1980, Chouinard a placé l’engagement écologique au premier plan de son entreprise. En 1994, en fait, il a menacé de quitter Patagonia après avoir appris que le coton de l’industrie agricole, qui représente 20% des ventes de son entreprise, nécessitait toute sorte de produits chimiques toxiques qui étaient dévastateurs pour la Terre. « J’ai dit, ‘Je ne veux plus être dans le business s’il me faut utiliser ce produit’ » Il a donné à son entreprise 18 mois pour passer complètement au coton bio.
La transition fut difficile. Patagonia a du trouver des agriculteurs cultivant du coton bio. Il a aussi fallu surmonter la résistance des banques dont les intérêts étaient liés aux entreprises de chimie. « Nous avons passé une année sans faire de profit sur nos produits coton, » dit il. Il va sans dire que Patagonia survécut. L’entreprise a continué à croître à un rythme régulier, quoique classique pendant plus de dix ans. Les ventes en 2007 ont atteint 270 millions de dollars. Malgré la recession, Chouinard dit que Patagonia est sur les rails pour faire sa meilleure année.
Mais le point le plus important dit it, c’est que le changement est rentable et a été la meilleure chose à faire, un concept que les entreprises américaines ne comprennent pas forcément. « Les entreprises sont vraiment des trouillards » dit il. « Ils ont la frousse de tout. Fondamentalement, mon entreprise existe pour prendre des risques et prouver que c’est un bon business. »
Il a largement réussi à convaincre les autre aussi. Depuis 1985, Patagonia a donné 1% de ses ventes annuelles à des monvements populaires environementaux, et plus de 1200 entreprises le suivent dans le groupe des « 1% pour la planète ». Patagonia a réussi à persuader des entreprises comme Nike, Timberland, et même Wal-Mart de commencer à changer pour du conton bio. Récemment, cela a permis de réunir une coallition sans précédent de gouverneurs, entreprises et groupes écologiques à protéger les corridors de migration des oiseaux migrateurs.
Malgré tous ces succès, Chouinard reste pessimiste. Il reconnait que chaque pour produit, aussi bien pensé soit il, il y a un impact destructif sur la Terre. Rien, dit il n’est complètement durable. « J’évite d’utiliser ce mot autant que je peux, mais je m’y tiens quand même car c’est la bonne chose à faire. »
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